Crédit photo : André Henrot
Je vous propose de travailler le développement d’une écoute intense et active, une écoute qui engage pleinement chaque musicien·ne et lui permet de devenir acteur·rice de la forme musicale, au même titre qu’un·e chef·fe d’orchestre.
Nous évoluerons dans un cadre musical où les signes et reprises traditionnels sont remplacés par des cues : signes, gestes ou courtes phrases musicales. Ces cues peuvent être déclenchés par n’importe quel membre de l’ensemble, à n’importe quel moment. Ce fonctionnement invite chaque musicien·ne à rester constamment attentif·ve aux autres, à la fois pour proposer des directions musicales et pour réagir à celles initiées par le groupe.
Je proposerai également une écriture dans laquelle plusieurs voix sont possibles au sein d’une même partie. Ces différentes voix constituent des plateaux d’expression : l’interprète choisit à tout moment la voix qu’il ou elle souhaite jouer. Chaque plateau possède son propre langage (rythmique, mélodique, textural ou expressif), distinct des autres. Le choix d’un plateau influence donc immédiatement la musique collective et ouvre de nouvelles possibilités d’interaction.
Ce dispositif encourage une improvisation guidée par l’écriture elle-même : les musicien·nes improvisent non pas à partir d’un matériau extérieur, mais à partir des éléments proposés dans la partition. L’ensemble fonctionne alors comme un contrepoint en mouvement, où les décisions individuelles façonnent en permanence la forme globale.
Répertoire abordé : Bruno Ducret, Hank Roberts, Tim Berne
* Mille Plateaux fait référence à l’ouvrage du philosophe Gilles Deleuze et du philosophe et psychanalyste Félix Guattari, dans lequel la notion de « plateau » désigne un espace d’intensité non hiérarchisé, ouvert à de multiples parcours.
Chaque stagiaire est tenu d’amener son backline (instrument et ampli, rallonges, multiprises, pupitre, etc)
Atelier ouvert à toutes et tous
Concert de fin de stage prévu vendredi 21 août après-midi de 14h à 18h
(facultatif, en fonction de la décision de l’intervenant)
Bruno Ducret est comme beaucoup de musiciens de sa génération habité par une multitude de musiques différentes.
Élevé au sein d’une famille de musiciens, il commence la musique à l’âge de 6 ans, et termine ses études en 2014 après être passé par les conservatoire de Montreuil sous-bois, Nîmes, Montpellier, et l’école ATLA de Paris.
Dès lors, les groupes se multiplient et se diversifient à son image, l’amenant à jouer notamment avec Louis Sclavis, Elodie Pasquier, Juan Rozoff, Matthieu Metzger, Fred Gastard, Stephane Payen, Clément Janinet, Paul Jarret, Sarah Murcia et en famille avec D’de Kabal, Marc Ducret, Hélène Labarrière, Jacky Molard et Dominique Pifarely.
Il est aujourd’hui violoncelliste et guitariste dans différents groupes comme Malboro Bled, Arche, L’Arbre Rouge, La Litanie des Cimes, ALE, Les Cadences du Monde, mais se consacre également à la musique traditionnelle avec Arcus, au Rock/Noise avec Adolf Hibou, Glitter Guano Gang et Grand Grand Trio, au Métal avec Prix Libre et à la chanson avec Connie & Blyde.
Enfin, son désir de croiser les langages le pousse à s’impliquer dans différentes formes artistiques. Il côtoie ainsi la poésie avec Felix Josserand dans Le Siège de Mossoul, le théâtre aux côtés de Laurent Poitrenau dans le spectacle Morse de Marc Ducret et Sarah Lee Lefevre ainsi que dans le spectacle Variations sur le modèle de Kraeplin de Davide Carnevali avec Thomas Gonzales, Fréderic Fisbach et Joffrey Carey, Les lettres non-écrites de David Geselson, mais également la danse avec la Compagnie Christophe Haleb dans Atlas/Fama, le danseur Jofe D’Mahl du Collectif de l’Éternuée, ainsi que le monde des marionnettes avec la compagnie Les Anges au Plafond